Cosigner un prêt au Canada : risques et responsabilités
L'Inflation et le Budget
L'inflation cumulée des 5 dernières années a réduit le pouvoir d'achat réel des ménages canadiens de plus de 15%. → "Et alors ?" Un budget statique ne fonctionne plus. Vous devez adopter une approche 'Base Zéro' pour traquer chaque dollar et combler les fuites de votre budget.
Un ami, un enfant ou un membre de votre famille vous demande de cosigner son prêt. Au Québec, comme partout au Canada, c'est un acte de confiance profonde, souvent motivé par l'amour ou le désir d'aider un proche à atteindre un objectif important : l'achat d'une première voiture, le financement des études, l'accès à un logement ou même le lancement d'une petite entreprise. Cependant, les implications financières et légales de cet engagement sont sérieuses, complexes et peuvent avoir des répercussions durables sur votre propre santé financière.
En tant qu'experts en finance personnelle au Québec, notre rôle est de vous éclairer sur chaque facette de la cosignature. Comprendre exactement ce que vous acceptez, bien au-delà de la simple "garantie", avant d'apposer votre signature, est la meilleure façon de vous éviter des années de stress, de problèmes financiers et, potentiellement, de relations tendues. Ce guide détaillé est conçu pour vous fournir toutes les informations nécessaires pour prendre une décision éclairée, fondée sur la connaissance et la prudence, non sur l'émotion seule.
Qu'est-ce que cosigner un prêt veut dire exactement ? Une analyse juridique et financière
Au-delà de l'aide que l'on souhaite apporter, cosigner un prêt est un acte juridique et financier d'une portée considérable. Cela signifie que vous vous engagez légalement et solidairement à rembourser la dette si l'emprunteur principal (aussi appelé débiteur principal) ne le fait pas. Vous n'êtes absolument pas un simple "garant moral" ou un soutien symbolique ; vous devenez un co-emprunteur à part entière aux yeux du créancier, qu'il s'agisse d'une banque, d'une caisse populaire ou d'un autre prêteur.
La distinction cruciale : Responsabilité solidaire vs. conjointe
Au Canada, et particulièrement au Québec, la notion de "responsabilité solidaire" est fondamentale en matière de cosignature. Selon le Code civil du Québec, lorsque des débiteurs sont tenus solidairement, le créancier peut réclamer la totalité de la dette à n'importe lequel d'entre eux, sans avoir à diviser la dette. C'est là que réside le risque majeur :
⚠️ Si la personne que vous avez cosignée ne paie pas, le créancier peut vous poursuivre vous directement pour le montant intégral de la dette, sans même avoir à poursuivre l'emprunteur principal d'abord. Vous êtes responsable à 100% de la totalité du solde impayé, des intérêts et des frais, et non à 50% ou proportionnellement à votre part "morale".
Cette responsabilité solidaire est différente de la responsabilité conjointe, où chaque débiteur n'est responsable que de sa part de la dette. Dans le cas d'une cosignature de prêt, la règle est presque toujours la solidarité, ce qui vous expose pleinement.
Différence entre cosignataire, garant et endosseur
Bien que les termes soient parfois utilisés de manière interchangeable dans le langage courant, il existe des nuances juridiques importantes :
- Cosignataire (Co-emprunteur) : C'est la situation la plus courante et celle que nous décrivons. Vous êtes sur le contrat de prêt dès le départ, au même titre que l'emprunteur principal. Votre responsabilité est solidaire et directe.
- Garant : Un garant s'engage à payer la dette si l'emprunteur principal fait défaut. Traditionnellement, le créancier doit d'abord tenter de recouvrer la dette auprès de l'emprunteur principal avant de se tourner vers le garant (bénéfice de discussion). Cependant, de nombreux contrats de garantie modernes prévoient une renonciation à ce bénéfice, rendant la position du garant très similaire à celle du cosignataire en termes de risque.
- Endosseur : Ce terme est plus souvent associé aux effets de commerce (chèques, billets à ordre) où une personne appose sa signature au dos d'un instrument financier pour en transférer la propriété ou pour en garantir le paiement. Dans le contexte d'un prêt bancaire, le terme est moins pertinent que cosignataire ou garant.
Dans la grande majorité des cas, lorsqu'un prêteur demande une "cosignature", il s'agit d'une responsabilité solidaire de co-emprunteur. C'est le niveau de risque le plus élevé pour la personne qui aide.
📊 Analyse Financière CréditNav : Comprendre les coûts réels
Notre équipe a analysé l'impact réel des taux directeurs, et des choix de remboursement, sur une dette moyenne de 15 000 $. La prudence est de mise, car même un faible taux peut gonfler la facture si le remboursement s'éternise. Voici pourquoi l'attente vous coûte cher, surtout dans un environnement de taux d'intérêt fluctuant comme celui que nous avons connu au Canada.
| Scénario de Remboursement | Mensualité | Durée | Coût Total des Intérêts |
|---|---|---|---|
| Paiement Minimum (2% du solde) | 300$ (dégressif) | > 15 ans | ~12 400$ |
| Paiement Fixe Agressif | 600$ (fixe) | 2.5 ans | ~2 100$ |
Ces chiffres illustrent la puissance des intérêts composés. Un prêt de 15 000 $ remboursé sur 15 ans peut presque doubler le montant initial en coûts d'intérêt, tandis qu'un remboursement rapide réduit considérablement cette charge. Pour un cosignataire, cela signifie que vous n'êtes pas seulement responsable du capital, mais aussi de l'ensemble de ces intérêts si l'emprunteur principal ne paie pas. Cette charge financière peut rapidement devenir un fardeau colossal.
Impact sur votre propre dossier de crédit et votre capacité d'emprunt future
L'un des aspects les plus sous-estimés de la cosignature est son impact direct et potentiellement dévastateur sur votre propre dossier de crédit, même si tout se passe parfaitement. Au Canada, votre cote de crédit (évaluée par des agences comme Equifax et TransUnion) et votre historique de crédit sont les piliers de votre santé financière. Cosigner affecte plusieurs de ces piliers.
| Situation de la dette cosignée | Impact sur votre crédit et votre situation financière |
|---|---|
| Vous cosignez — tout se passe bien | La dette apparaît immédiatement dans votre dossier de crédit comme l'une de vos propres obligations. Même si elle est payée à temps par l'emprunteur principal, elle affecte votre ratio d'endettement total (RDT) et votre ratio d'amortissement brut de la dette (ABD). Cela peut réduire votre capacité à contracter d'autres prêts (hypothèque, prêt auto, marge de crédit) à l'avenir, car les prêteurs considèrent que vous avez déjà une charge de dette plus élevée. |
| L'emprunteur paie en retard (même un seul paiement) | Le retard de paiement apparaît dans VOTRE dossier de crédit. Cet incident a le même impact négatif que si c'était votre propre retard, faisant chuter votre cote de crédit. Les retards restent visibles pendant des années et peuvent augmenter les taux d'intérêt que l'on vous proposera pour vos futurs emprunts. |
| L'emprunteur cesse de payer (défaut de paiement) | Un défaut de paiement est une tache majeure sur votre dossier. Le prêteur entamera des procédures de recouvrement, ce qui entraînera des appels d'agences de recouvrement, des frais supplémentaires, et potentiellement des poursuites judiciaires contre vous. Un jugement dans votre dossier de crédit rendra l'obtention de tout nouveau crédit extrêmement difficile pendant plusieurs années. |
| L'emprunteur fait faillite ou dépose une proposition de consommateur | Vous devenez seul responsable de la dette entière. La faillite de l'emprunteur principal n'annule pas votre obligation. Au contraire, elle solidifie votre position en tant que débiteur unique et principal. Le syndic autorisé en insolvabilité (SAI) ne vous inclura pas dans la faillite de l'emprunteur, et le prêteur se tournera exclusivement vers vous. |
La dette cosignée est comptée intégralement dans votre ratio d'endettement total (RDT). Pour une hypothèque au Canada, le RDT ne doit généralement pas dépasser 44% de vos revenus bruts. Si la dette cosignée pousse votre RDT au-dessus de ce seuil, cela peut vous empêcher d'obtenir votre propre hypothèque ou prêt, même si l'emprunteur principal n'a jamais manqué un paiement et que vous avez par ailleurs un excellent crédit.
La psychologie de l'argent et du crédit : Pourquoi c'est si difficile de dire non
La décision de cosigner va souvent au-delà des chiffres et des lois. Elle touche à des dynamiques familiales, amicales et émotionnelles profondes. Comprendre ces facteurs psychologiques est crucial pour prendre une décision objective.
La pression sociale et émotionnelle
- Le lien familial ou amical : La demande vient souvent d'un proche, quelqu'un que vous aimez et pour qui vous voulez le meilleur. La peur de décevoir, d'être perçu comme non solidaire ou égoïste est une pression énorme.
- Le sentiment de culpabilité : Si vous êtes dans une situation financière stable, vous pourriez ressentir de la culpabilité à refuser d'aider quelqu'un qui est en difficulté, surtout s'il s'agit de votre enfant ou d'un parent.
- L'espoir et l'optimisme : Vous voulez croire que tout ira bien, que la personne tiendra ses engagements. On a tendance à minimiser les risques quand l'émotion est en jeu.
- Manque de littératie financière : Beaucoup de gens, y compris les personnes qui demandent une cosignature, ne comprennent pas pleinement les implications d'un tel engagement, ce qui rend la conversation difficile.
Les pièges de la communication
Parler d'argent est tabou dans de nombreuses familles. Aborder les scénarios du pire (défaut de paiement, faillite) peut être perçu comme un manque de confiance ou une insulte, rendant la discussion honnête presque impossible. Pourtant, une communication ouverte et des attentes claires sont les fondations d'une décision saine.
Reconnaître ces dynamiques émotionnelles est la première étape pour s'en libérer et prendre une décision basée sur une analyse rationnelle des risques et de vos propres capacités financières. Votre bien-être financier n'est pas moins important que celui de votre proche.
Scénarios courants de cosignature et leurs risques approfondis
Analyser les contextes les plus fréquents de cosignature permet de mieux évaluer les risques spécifiques associés à chaque situation.
1. Parent cosigne pour l'enfant (prêt auto, étudiant ou premier logement)
Contexte : Très fréquent au Québec, où les jeunes adultes peinent parfois à obtenir du crédit sans historique ou avec un revenu insuffisant pour les exigences du marché (notamment pour l'achat d'un véhicule ou l'accès à un premier logement via un bail). Les parents veulent donner un coup de pouce.
Risques approfondis :
- Changement de situation : La vie d'un jeune adulte est volatile. Perte d'emploi, réduction de salaire, séparation, problèmes de santé, ou déménagement inattendu peuvent survenir, rendant les paiements difficiles.
- Priorités différentes : Un jeune pourrait prioriser d'autres dépenses (loisirs, voyages) sur le remboursement du prêt, laissant les parents responsables.
- Impact sur la retraite des parents : Si les parents doivent assumer la dette, cela peut compromettre leurs plans d'épargne (REER, CELI, CELIAPP) et la sécurité financière de leur propre retraite.
- Relation parent-enfant : Les problèmes financiers peuvent créer des tensions profondes et durables, voire irrémédiables, au sein de la famille.
Alternatives à considérer : Plutôt que de cosigner, envisagez un don d'argent direct (si vos moyens le permettent), aider à constituer une mise de fonds pour un achat important, ou même offrir un prêt personnel avec une entente écrite formelle (voir plus bas).
2. Ami(e) demande de cosigner son bail ou prêt personnel
Contexte : Un(e) ami(e) a un mauvais historique de crédit, pas assez de revenus, ou aucune garantie à offrir, et se voit refuser un prêt personnel ou la location d'un appartement.
Risques approfondis :
- Faible solvabilité initiale : Si votre ami(e) ne peut pas obtenir de crédit seul, c'est souvent parce que les institutions financières l'ont jugé trop risqué. Elles ont des modèles d'évaluation sophistiqués, et leurs raisons sont souvent valides.
- Fragilité des amitiés : Les dettes ont une fâcheuse tendance à mettre à l'épreuve même les amitiés les plus solides. Un défaut de paiement peut transformer une amitié en un conflit amer.
- Difficulté de recouvrement : Si l'ami(e) ne paie pas, tenter de recouvrer l'argent auprès d'un ami peut être psychologiquement très lourd et rarement fructueux sans recours légal formel.
Règle d'or : Évitez de cosigner pour un(e) ami(e), surtout pour un prêt personnel non garanti ou un bail. Les risques dépassent rarement les avantages.
3. Conjoints ou partenaires sur un prêt commun (hypothèque, prêt auto)
Contexte : Très courant pour les couples mariés ou en union de fait. Deux revenus sont souvent nécessaires pour l'achat d'une maison ou d'un véhicule.
Risques approfondis :
- Séparation ou divorce : En cas de rupture, la dette reste conjointe (ou solidaire selon le contrat) jusqu'au remboursement complet ou au refinancement. L'un des ex-partenaires peut se retrouver à payer pour l'autre, même si la relation est terminée et que le bien n'est plus commun. Les prêteurs ne se soucient pas de votre statut relationnel.
- Disparité des revenus post-rupture : Souvent, l'un des partenaires a un revenu plus faible ou des responsabilités familiales accrues, ce qui rend le refinancement à son seul nom difficile. Le partenaire le plus solvable peut être contraint de maintenir l'ancienne hypothèque ou de payer la part de l'autre pour protéger son propre crédit.
Conseil : En cas de séparation, il est impératif de consulter un conseiller juridique et financier pour élaborer un plan de refinancement ou de remboursement qui protège les deux parties et minimise l'impact sur leur crédit respectif. Voir notre guide sur l'endettement après divorce.
Checklist : Avant de cosigner un prêt – Une décision critique
Avant même de penser aux questions spécifiques, cette checklist vous aidera à évaluer la situation avec pragmatisme.
✅ Checklist Pré-Cosignature
Si vous avez le moindre doute sur l'une de ces cases, la prudence est de mise. La cosignature est un dernier recours, pas une première option.
Questions essentielles à vous poser avant de cosigner
Au-delà de la checklist générale, voici des questions plus spécifiques et leurs implications, que vous devez absolument vous poser et auxquelles vous devez répondre avec le débiteur principal.
- Puis-je réellement payer ce prêt seul si nécessaire ?
— Si la réponse est non, ne signez pas. C'est la règle d'or. Calculez précisément l'impact de cette mensualité sur votre budget. N'oubliez pas qu'il ne s'agit pas seulement du capital, mais aussi des intérêts et des frais de retard potentiels. Si la personne fait faillite, vous serez seul face à la dette entière. - Pourquoi cette personne ne peut-elle pas obtenir de crédit seule ?
— Comprenez la raison fondamentale. Est-ce un manque d'historique (jeune adulte) ou un mauvais historique (problèmes de paiements passés, endettement élevé) ? Si c'est un mauvais historique, le risque est amplifié. Ne compensez pas aveuglément le risque que les institutions financières ont déjà identifié. - Ai-je un accès direct et garanti aux relevés de compte mensuels et aux informations de paiement ?
— Si vous êtes co-responsable, vous devez absolument pouvoir vérifier que les paiements sont effectués à temps. Exigez de recevoir des copies de tous les relevés ou d'avoir un accès en ligne au compte. Sans visibilité, vous ne saurez qu'il y a un problème que lorsque vous recevrez un appel de recouvrement, ce qui sera déjà trop tard. - Quel est mon plan concret si la personne cesse de payer ?
— Avez-vous les fonds d'urgence nécessaires pour prendre en charge la dette sans compromettre votre propre stabilité financière ? Avez-vous un plan pour exiger le remboursement de la personne (ce qui est souvent difficile en pratique) ? Imaginez le pire scénario et évaluez votre capacité à y faire face. - Est-ce que cette dette affectera ma capacité à emprunter prochainement pour MES propres projets ?
— Planifiez-vous l'achat d'une maison (hypothèque), une nouvelle voiture, des rénovations, ou le démarrage d'une entreprise dans les prochaines années ? La dette cosignée apparaîtra sur votre dossier de crédit et sera prise en compte dans vos ratios d'endettement, pouvant potentiellement réduire le montant que vous pourrez emprunter, ou même entraîner un refus. - Quel est le coût total du prêt, incluant les intérêts ?
— Ne vous contentez pas du montant initial. Comprenez le taux d'intérêt, la période d'amortissement et le coût total des intérêts sur la durée du prêt. Vous êtes responsable de l'ensemble de cette somme.
Comment vous protéger si vous décidez quand même de cosigner
Si, après mûre réflexion et évaluation des risques, vous décidez de cosigner, il est impératif de prendre des mesures proactives pour minimiser votre exposition et vous protéger au maximum. Ces mesures devraient être discutées ouvertement avec l'emprunteur principal.
1. Demandez d'être avisé en cas de retard de paiement
C'est une protection essentielle. Certaines institutions vous notifient automatiquement en tant que cosignataire ; d'autres non. Demandez-le explicitement au prêteur et assurez-vous que cette clause est bien notée au dossier. Cela vous permettra d'intervenir rapidement avant que le retard ne devienne un défaut majeur et n'endommage gravement votre cote de crédit.
2. Accédez aux relevés de compte et aux informations de paiement
Vous êtes co-responsable, vous avez donc le droit d'être pleinement informé. Exigez d'être copié sur tous les relevés mensuels envoyés par le prêteur. Si possible, demandez un accès en ligne au compte pour surveiller les paiements en temps réel. Cette transparence est non négociable.
3. Mettez une entente écrite entre vous et l'emprunteur principal (Contrat privé)
Bien que cette entente ne lie pas le prêteur, elle est cruciale entre vous et la personne que vous aidez. C'est un document juridique privé qui formalise les attentes et les responsabilités. Il devrait inclure :
- Le montant exact du prêt et son objectif.
- Le calendrier de remboursement détaillé (montant et date de chaque paiement).
- Les responsabilités de chaque partie (qui paie, qui gère le compte).
- Une clause claire sur les conséquences en cas de défaut de paiement (par exemple, que l'emprunteur s'engage à vous rembourser toute somme que vous auriez dû payer au prêteur, avec des intérêts, et selon un calendrier prédéfini).
- Une clause de sortie (voir point suivant).
- La nécessité d'un préavis en cas de difficultés financières de la part de l'emprunteur.
Idéalement, faites rédiger ou réviser cette entente par un avocat. Cela montre le sérieux de l'engagement et protège vos intérêts.
4. Définissez une clause de sortie ou de libération du cosignataire
Avant de signer, discutez avec le prêteur (et incluez-le si possible dans votre entente privée) des conditions dans lesquelles vous pourriez être retiré du prêt. Certains prêteurs offrent une "libération du cosignataire" (cosigner release) après un certain nombre de paiements consécutifs effectués à temps par l'emprunteur principal (par exemple, 12, 24 ou 36 mois). Assurez-vous de comprendre les critères exacts et de les documenter. C'est un objectif clair pour l'emprunteur principal d'améliorer sa cote de crédit et d'être libéré de votre aide.
Comment se retirer d'un prêt cosigné : Le chemin souvent ardu
Se retirer d'un prêt cosigné n'est pas une simple formalité. Une fois que vous avez signé, votre engagement est ferme et définitif aux yeux du créancier, jusqu'à ce que la dette soit entièrement remboursée ou qu'une action spécifique ne soit prise. Vous ne pouvez pas simplement "changer d'avis" ou "retirer votre nom" unilatéralement. Voici les principales voies possibles, toutes dépendantes de la situation de l'emprunteur principal et du prêteur :
1. Le refinancement du prêt par l'emprunteur principal
C'est la méthode la plus courante et souvent la plus efficace. L'emprunteur principal contracte un nouveau prêt à son seul nom pour rembourser intégralement le prêt cosigné. Pour que cela soit possible, l'emprunteur doit avoir significativement amélioré sa cote de crédit et sa capacité d'emprunt (revenu stable, faible endettement, historique de paiements exemplaires). Si le prêteur original n'offre pas cette option, l'emprunteur devra chercher un nouveau prêt auprès d'une autre institution financière. Une fois le nouveau prêt en place, l'ancien prêt cosigné est clôturé, et votre obligation cesse.
2. La libération du cosignataire (Cosigner Release)
Comme mentionné, certains prêteurs offrent cette possibilité. C'est une clause contractuelle qui permet au cosignataire d'être retiré du prêt après que l'emprunteur principal a rempli certaines conditions prédéfinies, telles que :
- Un nombre X de paiements consécutifs et à temps (par exemple, 24 ou 36 mois).
- Une amélioration démontrable de la cote de crédit de l'emprunteur principal.
- Le respect de certains ratios d'endettement par l'emprunteur.
💡 Conseil d'expert : Demandez toujours au prêteur s'il offre une "libération du cosignataire" et quelles sont les conditions précises. Faites inscrire ces conditions par écrit dans les termes du prêt initial si possible. C'est un élément clé à vérifier avant de signer.
3. Le remboursement total du prêt
Bien sûr, l'option la plus simple est que le prêt soit intégralement remboursé par l'emprunteur principal. Dès que le solde est à zéro, votre obligation en tant que cosignataire prend fin automatiquement. Si l'emprunteur a du mal, vous pourriez même envisager de rembourser le solde vous-même pour vous libérer de l'obligation, si vos finances le permettent, quitte à tenter de recouvrer l'argent auprès de l'emprunteur par la suite (ce qui peut être complexe).
4. Recours légaux en cas de défaut de l'emprunteur principal
Si l'emprunteur principal ne paie plus et que vous êtes contraint de payer le prêteur, vous avez un "droit de subrogation" ou "droit de recours" contre l'emprunteur principal. Cela signifie que vous pouvez vous retourner contre lui pour recouvrer les sommes que vous avez payées à sa place. Cependant, ce recours est souvent coûteux, long et incertain, surtout si l'emprunteur est insolvable. Il peut nécessiter l'intervention d'un avocat ou d'un tribunal (comme la Cour des petites créances au Québec pour les montants inférieurs à 15 000 $).
Alternatives à la cosignature : Aider sans s'endetter
Si quelqu'un a besoin de votre aide financière mais que vous ne voulez pas prendre le risque de la cosignature, il existe des options qui peuvent être moins risquées pour vous tout en offrant un soutien significatif. L'objectif est d'aider la personne à devenir autonome financièrement.
1. Prêt personnel entre vous et le proche
Vous prêtez vous-même l'argent à la personne, avec une entente écrite claire détaillant le montant, le taux d'intérêt (s'il y en a un), le calendrier de remboursement et les conséquences en cas de défaut. Cela vous donne un contrôle direct et évite l'implication d'une institution financière dans votre dossier de crédit. Cependant, cela reste un risque pour votre capital et peut toujours affecter la relation si le remboursement ne se fait pas.
- Avantages : Pas d'impact sur votre cote de crédit, flexibilité sur les termes, pas de frais bancaires.
- Inconvénients : Risque direct pour votre capital, potentiel de conflit personnel, pas de protection du prêteur.
2. Don partiel pour une mise de fonds ou un soutien ponctuel
Au lieu de vous porter garant pour un montant total, offrez un don partiel pour aider la personne à atteindre un seuil requis (par exemple, une mise de fonds pour un prêt hypothécaire ou un prêt auto, ou pour apurer une petite dette). Ce montant doit être un don, non un prêt, pour ne pas créer de lien de dette. Assurez-vous de pouvoir vous permettre ce don sans compromettre vos propres finances. Pour une mise de fonds, le prêteur pourrait exiger une lettre de don stipulant que l'argent n'est pas remboursable.
- Avantages : Pas de responsabilité continue, impact limité à un montant prédéfini.
- Inconvénients : Votre argent est parti, peut ne pas résoudre le problème de fond si la personne a des habitudes financières problématiques.
3. Aider à améliorer leur crédit d'abord
C'est une approche plus structurelle et durable. Passez 6 à 12 mois à aider la personne à améliorer sa cote de crédit afin qu'elle puisse obtenir un prêt seule. Cela peut inclure :
- Élaboration d'un budget : Aide à gérer les revenus et dépenses.
- Remboursement de petites dettes : Réduire le ratio d'utilisation du crédit.
- Ouverture d'une carte de crédit sécurisée : Un type de carte de crédit où le titulaire dépose un montant en garantie. Cela aide à bâtir un historique de crédit positif avec des paiements réguliers.
- Prêt pour bâtir un crédit : Certaines institutions offrent de petits prêts dont les fonds sont bloqués tant que les paiements sont faits, puis libérés à la fin.
- Consultation avec un conseiller budgétaire : Au Québec, de nombreuses ressources existent pour aider à gérer l'endettement.
Cette approche prend du temps et demande de l'engagement, mais elle permet à la personne de devenir autonome financièrement.
4. Ajouter la personne comme utilisateur autorisé sur votre carte de crédit
Si l'objectif est d'aider un jeune à bâtir son crédit, l'ajouter comme utilisateur autorisé sur votre carte de crédit est une option avec un risque beaucoup plus limité que la cosignature d'un prêt majeur. Les paiements effectués sur cette carte apparaîtront sur son dossier de crédit, contribuant à son historique. Cependant :
- Vous êtes légalement responsable de toutes les charges effectuées par l'utilisateur autorisé.
- Établissez des règles claires sur l'utilisation et le remboursement.
- Ce n'est pas une solution pour un montant de prêt important, mais pour aider à créer un historique.
Vous avez besoin qu'on cosigne pour vous ?
Si vous êtes celui qui a besoin d'aide pour obtenir un prêt, ne désespérez pas et ne mettez pas la pression sur un proche. Il existe des stratégies concrètes pour améliorer votre cote de crédit et devenir admissible seul – sans impliquer un proche dans une situation risquée. Un plan d'action ciblé de 90 jours peut faire une réelle différence.
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